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Démarrer une boutique en ligne demande du temps, de l’argent et de l’énergie. Si vous êtes en démarrage d’un tel projet, cet article est pour vous. Afin de vous aider à éviter de dépenser une fortune durant les premiers mois et de réfléchir sur le type de solution qui convient le mieux à votre situation, je vous présente un survol de quelques-unes des possibilités sur le marché. Elles m’ont été proposées par des cybercommerçants québécois.

Sachez d’abord que le choix de votre plate-forme de commerce en ligne ne devrait pas être basé seulement en fonction de votre budget. Il doit tenir compte aussi de vos objectifs professionnels, de vos ressources actuelles et de vos connaissances du domaine du commerce en ligne, autant sur le plan technique que sur la gestion. Vous devez savoir ce qui est bon pour vous. Vous devez, entre autres, vous poser les questions suivantes : Prévoyez-vous vendre une dizaine de produits ou plus de mille ? Désirez-vous vendre sur un réseau limité ou faire de la revente à grande échelle ? Visez-vous une clientèle internationale ou locale ?

« Il y a plusieurs solutions adaptées à chacune des réalités : budget, vision, développement d’entreprise, etc. Il s’agit de choisir la méthode qui vous convient. Toutes les façons de faire ont leur place et sont aussi bonnes les unes que les autres. Chacun a des besoins différents et un marché pour y répondre. » Emmanuelle Duchesne, Développement des affaires chez Chocolat Média/Panierdachat.com

Voici trois types de solutions qui s’offrent à vous : les places de marché, les solutions hébergées et les plates-formes développées sur mesure.

Les places de marché

Il s’agit d’un endroit sur le Web très fréquenté par les acheteurs et les vendeurs. En affichant vos produits sur les places de marché reconnues comme Ebay, Amazon ou encore Esty, vous exposez vos produits à un niveau accru de trafic parce qu’ils ont déjà une réputation établie. Celle qui m’a été le plus recommandée est Esty qui est très populaire auprès des artisans qui fabriquent eux-mêmes leurs produits. L’inconvénient toutefois des places de marché est que vous êtes limité avec la plate-forme proposée. Aussi, si le site rencontre des problèmes, votre boutique sera affectée. Par contre, si vous ne connaissez pas le langage de programmation et que vous n’avez pas de budget pour développer davantage votre boutique, c’est peut-être une belle piste pour vous pour démarrer et vous familiariser avec le commerce en ligne. « J’ai démarré Morin noeud pap’ sur Etsy. La plate-forme n’est pas gratuite. Il en coûte 0,20 sous pour placer une annonce et Etsy prend 3,5% de la vente par la suite. Pour promouvoir ma collection, j’ai aussi ouvert une page Facebook. J’ai acquis de la visibilité sur Facebook, mais les achats se passaient surtout sur Etsy ou en personne. » Évelyne Lafontaine Morin, propriétaire de Morin noeud pap.

Les solutions hébergées

Il s’agit d’un outil clé en main. Une fois que votre profil est complété et que vous êtes inscrit, il ne vous reste qu’à ajouter vos produits dans le système et vous êtes prêt à faire de la vente en ligne. Il existe plusieurs solutions. Celle qui m’a été le plus recommandée est Shopify, mais il est aussi intéressant de considérer aussi les solutions Québécoises sur le marché : Panierdachat.com, Clicshop, Votresite et Liki. La majorité offre un temps d’essai et je vous conseille fortement de les tester avant de vous y engager. ( Je vais y revenir en détail dans un prochain article ).

Ce qui est plaisant avec une solution clé en main, c’est que vous pouvez la personnaliser à votre image. Certaines plates-formes vous permettent même d’utiliser une adresse .com.
« J’ai choisi Shopify principalement parce que je ne suis pas programmeur et que je ne veux pas perdre de temps avec des solutions plus ouvertes qui demandent des connaissances en programmation. Donc, l’idée d’avoir une plate-forme « plug’n play » est un must pour moi. J’ai acheté un thème à 100$ et j’ai pu le modifier à ma guise directement à partir du dashboard de Shopify sans faire aucune programmation. » Dany Marquis, Torréfacteur de café et fabricant de chocolat à la Brûlerie du Quai »

Vous devez savoir toutefois que cette solution est « partagée » avec d’autres boutiques comme la vôtre. Ce qui veut dire qu’il peut y avoir certains ralentissements lors des périodes de soldes, par exemple. Aussi, si vous désirez la modifier à vos goûts, il est possible que vous ayez à payer pour des mises à jour dont la propriété intellectuelle ne vous appartient pas. Il est très important que vous ayez confiance en la solution sélectionnée. Vous devez aussi vous assurer qu’elle continuera d’évoluer.

Choisir une solution sur mesure

Il s’agit d’une plate-forme «open source» qui vous permet de développer une boutique dont vous avez le plein contrôle. Une partie ou une totalité de la propriété intellectuelle de celle-ci sera à vous. Parmi les nombreuses solutions, il y a, entre autres, Woocommerce, Magento, OpenCart et Prestashop. Lorsque vous avez fait un choix, vous devez vous assurer d’avoir des ressources disponibles pour vous aider, car ce n’est pas facile de tout faire soi-même. Ces ressources peuvent être interne ou externe. L’idéal serait que vous possédiez des connaissances de base avec la programmation et que vous soyez débrouillard pour aller chercher de l’aide sur les forums. Cela vous permettra d’économiser beaucoup d’argent. Vous devez aussi savoir que, contrairement aux places de marché et solutions clé en main qui proposent souvent des outils internes, le marketing et la promotion de votre boutique dans les moteurs de recherche sont de votre responsabilité.

Les cybercommerçants qui ont répondu à mon appel, m’ont partagé préférer Magento et WordPress. «Nous avons roulé notre premier million de chiffres d’affaires avec une boutique montée sur Magento Open Source sur laquelle nous avons acheté 300-400 $ de plug-ins. On a aussi payé un sous-traitant un autre 800-900 $. Somme toute, je crois que nous avons fait un bon investissement. Aujourd’hui, nous sommes toujours sur ce même Magento auquel, avec le temps, nous avons réinvesti quelques milliers de dollars vu la particularité et la complexité d’achat de notre produit.» Pierre-Claude Roy, Vice-président aux affaires électroniques de PMCtire.com

Jean-Philippe Valcourt-Bariteau , cofondateur de Poupons & Cie m’a expliqué que si vous désirez vendre quelques centaines de produits et que vous ne désirez pas avoir toute les fonctionnalités de Magento (livraison, prix, produits, intégration de plug-ins, etc), que vous travaillez seul ou que votre budget n’est pas énorme, WordPress est une bonne solution, du même niveau que PrestaShop, à mon avis. C’est ce qu’a préféré Christine Marcotte comme solution pour la gestion des abonnements du Réseau des Mères en Affaires. Elle a utilisé WordPress avec PayPal et square. Même chose pour la propriétaire de Morin noeud pap qui a utilisé au départ Etsy. «Au début de l’été, j’ai lancé mon propre site morinnoeudpap.com, car mon objectif est de faire entrer plus les gens dans l’univers de ma marque. J’ai utilisé WordPress et Snipcart pour la partie «shopping cart» (un produit de Spektrum, une agence de Québec) ». Cependant, si vous pensez croître dans un délai moyennement rapproché, il serait préférable d’y aller immédiatement avec Magento.

« Comme on ne peut prévoir avec certitude la rapidité avec laquelle les ventes se développeront en ligne, mieux vaut choisir une solution plutôt économique au départ, mais qui pourra suivre la cadence (scalability avec des plug-ins testés) ensuite au moment ou les ventes prendront de la vigueur. C’est ce que nous a permis de faire Magento » Daniel Moses , président de Ugoburo.

Maintenant, j’aimerais savoir si vous avez utilisé un des outils mentionnés plus haut pour bâtir votre boutique en ligne. J’aimerais aussi connaître la réflexion que vous avez eue pour faire le choix de votre plate-forme officielle. Partagez-moi votre expérience dans les commentaires.

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